Il y a trente ans, être jeune, c’était être ensemble. Une bande, une meute, un groupe qu’on ne choisissait pas toujours mais qui nous façonnait. Les amitiés se faisaient dans la friction, les amours dans le flou, les confrontations avec les adultes dans le bruit et la fureur. C’était Le Péril Jeune, La Haine, Kids. C’était la mythologie des liens fusionnels, de l’amitié comme territoire sacré, des fêtes improvisées et des grandes théories refaites à trois heures du matin, bière trop tiède à la main.
Ce modèle, qui m’a construite, qui nous a construits, ne correspond plus au moment présent. Ce n’est pas qu’il a disparu, c’est qu’il évoque davantage la nostalgie que le réel.